Immobilier : les français de moins en moins tentés par l'achat

Aucun signe de réelle d'amélioration quant à l’intention d’achat des Français malgré les mesures actuelles et les réformes en cours. Mais l'indicateur du logement neuf 2016 montre un regain d’attractivité potentielle pour le neuf.

Alors que depuis le 1er janvier 2016, de nouvelles mesures gouvernementales sont entrées en application (élargissement du prêt à taux zéro, loi Pinel ou encadrement des loyers à Paris), ces mesures ne semblent pas réussir à convaincre les Français à franchir le pas de l’acte d’achat, et ce malgré des conditions de financement facilitées.

Ainsi, en janvier 2016, 11% des Français ont l’intention d’acquérir un logement au cours des 12 prochains mois, ce qui constitue le niveau le plus bas jamais enregistré. Ils étaient 12% en janvier 2013 et 13% en janvier 2014 et 2015. C’est parmi les catégories socio-professionnelles supérieures (16%), les locataires de maison dans le secteur privé (22%) et les 25-34 ans (23%) que l’on dénombre le plus d’acheteurs potentiels.

Si la baisse des intentions d’achat s’observe dans l’ensemble, le neuf semble gagner en attractivité par rapport à l’ancien.  La préférence pour un logement neuf progresse ainsi de 5 points, à hauteur de 45%, quand à la préférence pour l’ancien reste constante par rapport à septembre 2015 (52%). L’attractivité du neuf auprès des jeunes (- de 35 ans)  se confirme : ils sont 55% à déclarer préférer se tourner vers ce type de logements plutôt que vers l’ancien (44%). A l’inverse, 61% des propriétaires opteraient pour le logement ancien, 35% pour le neuf.

Au total, l’indicateur du logement neuf atteint 4,9% de la population française. On assiste ainsi à ce titre à une certaine continuité par rapport à septembre 2015. Compte tenu des éléments préalablement explicités, il n’est pas étonnant de constater que ce sont les 25-34 ans qui restent le plus attirés par une future acquisition dans le neuf (11% ; =).

La meilleure attractivité du neuf en ce début d’année continue de s’expliquer avant tout par l’absence de travaux à réaliser avant d’emménager (33%) mais cet argument est en baisse de 6 points par rapport à la même période l’année dernière. A l’inverse, la préférence intrinsèque pour le neuf est en hausse par rapport à l’année dernière  (24% la citent, contre 16% en janvier 2015), de même que l’agencement plus fonctionnel (16%, +4 pts). Le respect des normes environnementales (12% ; -1 pt), le meilleur rapport qualité/prix (5%, -2 pts), de meilleures conditions de financement (4%, stable) les aides et mesures gouvernementales (1% ; +1 pt) continuent d’être citées plus minoritairement, et ce de façon stable par rapport à janvier 2015.

Les motivations à l’achat répondent avant tout à un besoin de propriété, à la volonté d’habiter dans son propre logement. Ainsi, l’achat d’un bien immobilier serait réalisé pour une très large majorité des intentionnistes dans l’objectif d’y habiter (79%, -2 points par rapport à septembre 2015). Le projet d’investissement locatif quant à lui se stabilise à 19% (+1 pt) et séduit en priorité les intentionnistes déjà propriétaires (35%).

Si certains n’ont pas du tout l’intention d’acheter un logement au cours de ces 12 prochains mois, c’est avant tout parce qu’ils restent satisfaits de leurs conditions de logement actuelles, argument cité à 47% (-7 points depuis septembre 2015) et jusqu’à 70% pour les retraités. Mais les autres raisons évoquées témoignent des difficultés rencontrées par les ménages sur le marché de l’immobilier. Le manque de moyens financiers est la deuxième raison mise en avant, citée par un tiers des répondants (30%) et en progression de 4 points. Ce sont les locataires (57%), les plus jeunes (51% des 18-24 ans) et les ouvriers (43%) qui se retrouvent le plus dans cette situation. Plus minoritairement sont également évoqués les prix trop élevés (3%, +1 pt) et la peur de ne pas réussir à vendre son logement (1% ; +1 pt). Aussi, certaines autres raisons sont en très légère progression, comme le fait d’avoir d’autres priorités (8% +3 pts) et le manque de stabilisation de sa situation personnelle (5%, +1 pt). Enfin, le motif d’acquisition antérieure, cité par 7%, est en baisse de 3 points, ce qui montre là aussi le manque de dynamisme du marché.

Fiche technique :
Etude réalisée par en face à face du 28 janvier au 2 février 2016 auprès de 1991 personnes constituant un échantillon représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. L’échantillon est construit selon la méthode des quotas (sexe, âge, profession du chef de famille, catégorie d’agglomération et région).

Fabienne Simon

Directrice Générale Adjointe, Ipsos Public Affairs

Fabienne Simon

Directrice Générale Adjointe, Ipsos Public Affairs

Sarah Duhautois

Commentez cet article :

Identifiez-vous et inscrivez-vous rapidement et gratuite pour commenter cet article

A la une en ce moment :