Baromètre politique : la popularité de François Bayrou en très net recul

Les premiers pas du Gouvernement d’Edouard Philippe, la victoire de La République En Marche ! lors des élections législatives et les affaires ayant conduit au remaniement du 21 juin n’ont pas nettement modifié la perception que les Français se font d’Emmanuel Macron :l’attentisme reste prédominant, même si on enregistre une légère dégradation chez les sympathisants de gauche. En revanche, l’image de François Bayrou est profondément affectée par les révélations touchant le MoDem : l’ancien ministre de la Justice perd 13 points de popularité.

Les premiers pas d’Emmanuel Macron sont mieux jugés à droite qu’à gauche

Le premier mois d’Emmanuel Macron en tant que président de la République ne semble pas avoir suscité de mouvements importants dans l’opinion : la part des Français qui portent un jugement favorable sur son action reste stable (45%, -1 point). Parallèlement, une minorité de sondés (27%, stable) continue à porter un jugement défavorable sur l’action du Président, quand 28% (+1 point) ne se prononcent pas. L’attentisme de l’opinion à l’égard du nouveau chef de l’Etat perdure donc à ce stade.

Cette apparente stabilité masque en réalité des mouvements sensibles : chez les sympathisants de gauche, les jugements favorables sont en baisse de 11 points, passant de 47% à 36% en un mois. Le recul est particulièrement net chez les proches de la France Insoumise et du PC (14%, -14 points), mais on note aussi une dégradation de l’image d’Emmanuel Macron chez les sympathisants écologistes (42%, -6 points) et socialistes (60%, -4 points), même si le début du mandat présidentiel reste globalement approuvé. Une certaine érosion se fait aussi sentir au cœur même de la majorité présidentielle, bien que les niveaux y restent à ce stade très élevés : -6 points chez les proches de LREM (92%), -9 points au MoDem (72%). Parallèlement, à droite, la stabilité semble de mise : près de la moitié des sympathisants LR approuve les premiers pas d’Emmanuel Macron (48%, +1 point), et aucun recul n’est enregistré aussi bien au centre-droit (70% à l’UDI, +2 points) qu’à l’extrême-droite (17% au FN, +2 points).

Même s’il reste mal connu de plus d’un tiers des Français, Edouard Philippe voit sa popularité progresser

La popularité du Premier ministre, encore très mal connu des Français il y a un mois, s’aligne peu à peu sur celle du Président : 39% (+8 points) ont désormais une bonne opinion d’Edouard Philippe, contre 24% (+3 points) qui en ont une mauvaise. La part des personnes interrogées qui ne se prononce pas, tout en restant très importante (37%), n’en régresse pas moins de 11 points en un mois. Le Premier ministre progresse à gauche (29%, +6 points) comme à droite (50%, +3 points), tout en restant très populaire parmi les sympathisants LREM et MoDem (81%, +9 points).

L’image de François Bayrou est fortement affectée par les affaires touchant le MoDem

L’actualité politique du mois de juin, essentiellement marquée par la campagne des élections législatives, les révélations concernant Richard Ferrand et les dirigeants du MoDem ainsi que par le remaniement consécutif à ces évènements, a fortement modifié l’opinion des Français vis-à-vis de certaines personnalités. Grand perdant de cette vague, François Bayrou passe de la 7ème à la 23ème place de notre classement : l’éphémère Garde des Sceaux voit sa popularité chuter de 13 points pour s’établir à 23%, soit son plus bas niveau depuis son entrée dans le baromètre Ipsos/Le Point en août 1996. Le leader du MoDem recule très fortement au centre (39%, -25 points) et à gauche (20%, -22 points), mais moins à droite (11%, -9 points) où son image était déjà assez fortement dégradée.

L’évolution des jugements favorables envers François Bayrou entre mai et juin 2017


L’évolution des jugements favorables envers François Bayrou entre mai et juin 2017

Parmi les membres du deuxième gouvernement d’Édouard Philippe, la hiérarchie reste inchangée : Nicolas Hulot conserve de loin la première place du classement (57%, stable), loin devant Jean-Yves Le Drian (34%, -7 points), Bruno Le Maire (25%, stable) ou Gérard Collomb (23%, -3 points).

Une opposition toujours en difficulté

Malgré des résultats moins négatifs que prévu lors du second tour des élections législatives, l’opposition est toujours en grande difficulté. Fragmentée en plusieurs partis positionnés sur l’ensemble de l’échiquier politique, dont certains adoptent une attitude toujours ambiguë vis-à-vis de la majorité gouvernementale, elle souffre avant tout d’un manque d’incarnation criant. A droite, François Baroin est désormais la personnalité la plus appréciée des sympathisants LR (70%, +7 points), devant Nicolas Sarkozy (69%) ou Xavier Bertrand (62%). Pour autant, les Français restent très sceptiques envers le leader de la droite lors de la campagne des législatives : il n’est crédité que de 22% d’opinions favorables auprès de l’ensemble de la population, soit la 17ème place de notre classement. Plus à droite, Marine Le Pen peine toujours autant à étendre ses soutiens : si 93% des sympathisants FN ont d’elle une image favorable, ce chiffre tombe à 21% parmi les proches de LR, 12% à gauche et même 4% chez LREM.

Enfin, à gauche, la figure de Jean-Luc Mélenchon domine mais reste très clivante : 32% des Français ont de lui une opinion favorable, mais 54% une opinion défavorable. Surtout, si 87% des sympathisants FI-PCF disent apprécier le tout nouveau député de Marseille, ce chiffre tombe à 51% chez les proches du PS et est très minoritaire au centre comme à droite. Enfin, l’image de Benoît Hamon (64%, +11 points) ou de Anne Hidalgo (63%, +11 points) progresse chez les sympathisants socialistes, leur permettant de tutoyer le niveau de leader établis comme Christiane Taubira (69%), Martine Aubry (67%) ou Ségolène Royal (57%). Pourtant, autant l’ancien candidat à l’élection présidentielle (24%, -3 points) que la Maire de Paris (21%, -3 points) restent très éloignés de la tête du classement des personnalités politiques quand on considère l’opinion de l’ensemble des Français.

Voir le baromètre de l'action politique Ipsos Le Point depuis 1996 :

Document associé :

Federico Vacas

Directeur Adjoint du département Politique et Opinion, Ipsos Public Affairs

Federico Vacas

Directeur Adjoint du département Politique et Opinion, Ipsos Public Affairs

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h6P7

Le 15/07/17 à 16h28

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